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Le blog de rocade

Le blog de rocade

Ecrire de la poésie , ce n'est pas seulement remplir des pages, c'est faire frissonner les mots , vibrer les lettres et teinter les blancs ...


Joséphine

Publié par rouzet carole delbarre sur 3 Mars 2017, 15:14pm

Joséphine

Finalement elle allait rentrer chez elle, ses recherches étaient vaines, , autant de jours perdus dans ce vieux village, que de temps, que d’efforts et de rêves inaboutis . Cette fois elle était décidée , elle partait pour de bon rejoindre la ville, elle ne voulait plus entendre parler de tout cela . Elle roulait vite, arriva brutalement devant cette vielle bâtisse, se gara sans douceur et sortit de la voiture en claquant la porte, elle n’en pouvait plus, c’était trop dur a supporter.
Soudain son téléphone se mit à sonner « ah ça y est, ça recommence !! » s’exclamât elle « ça va donc jamais finir ? », qui pouvait encore la perturber ? Elle plongea rapidement sa main dans son sac a main pour ne pas manquer l’appel, mais trop tard la sonnerie se coupa, elle avait manqué cet appel, de toute façon, elle s’en fichait ! Elle s’approcha énervée de la porte d’entrée, sortit ses clés mais elles lui échappèrent a cause de la vivacité de son geste et de la nervosité qui montait en elle et tombèrent sur le seuil de la porte
Le seuil de la porte ? Non, bien sur que non pas vraiment ! Cela aurait été trop facile ! Elle prit conscience que ses clés avaient glissé entre le seuil de la porte et cette vielle pierre qui servait de marche, dans cet espace étroit qu’elle apercevait.
En effet entre le mur et cette pierre, il avait une fente, une fente assez profonde pour engloutir son trousseau, elle y glissa ses doigts mais ne parvins pas à le toucher, aucun contact ressenti.
Elle prit conscience que la pression montait de nouveau en elle, et ça s’expliquait : c’était le bouquet elle ne pouvait même pas rentrer faire ses valises pour partir ! Elle prit un bâton qu’elle glissa dans l’espace et tenta d’atteindre ses clés, en vain, pourtant elle creusait de plus en plus, mais rien n’y faisait .
Cette grosse pierre était bien sur beaucoup trop lourde pour être soulevée, donc avec une patience forcée, elle creusa longuement en se disant que les fameuses clés ne pouvaient être que la !
Mais le bâton de bois s’effritait a force de frotter contre cette pierre, il fallait quelque chose de plus solide pour accéder au fond. Elle se dirigea vers sa voiture et sortit de sa boite a outils , une grosse clé en métal qui l’aiderait à creuser un peu plus. Elle passait du temps, voila un quart d’heure déjà qu’elle était là, mais le temps ne comptait plus elle n’avait pas le choix, pas d’autre issu, elle ne pouvait que l’admettre, même a contre cœur.
Sous ses yeux étonnés le trou s’agrandissait en fonction des gestes guidés par la nervosité. Cet espace était vraiment devenu profond quelle s’en intriguait et s’en réjouissait a la fois ou cela allait- il la mener, cela faisait maintenait trois quarts d’heure qu’elle creusait, elle pouvait contempler son travail, son front était humide, ses cheveux volaient au vent, sa main irritée, fragilisée laissait apparaître quelques traces de sang. Mais cette triste main toute entière pouvait s’introduire dans cet étrange passage, énervée et curieuse elle poursuivit sans tenir compte de tous ces ressentis , et poursuivit jusqu'à ce que sa main touche quelque chose d’étrange ,elle sursauta non ce n’était pas ses clés ni des pierres , au fond de ce trou , cela avait une forme bizarre au toucher . Même si sa main était entrée, elle avait du mal à la bouger, d’un geste brusque elle insista emportée par les émotions au risque de ressentir un peu plus de douleur. Puis soudain elle effleura quelque chose, qu’elle semblait reconnaître au toucher, elle hésitait, elle était perplexe, il lui sembla pourtant bien reconnaître le collier de sa grand-mère. Ce collier qu’elle avait tant cherché depuis toutes ces semaines, une vague de bonheur l’envahit et décupla ses forces .
Maintenant toute sa main touchait le fond de cette cachette qu’elle avait tant espéré mettre à nu, le trésor de sa grand mère était là dans sa main ! Elle sentit un autre collier puis un bracelet et des bagues et toutes ces pièces qu’elle pouvait effleurer. L’histoire du trésor familiale était donc vraie.
Elle ne savait pas si elle devait rire ou pleurer, rire du bonheur qu’elle éprouvait face a sa trouvaille ou pleurer en souvenir de la douce mémé Joséphine
C’est à ce moment que des paroles de sa grand mère lui revinrent en mémoire,
Des mots murmurés à son oreille, alors qu’elle se rapprochait d’elle pour lui servir son petit déjeuner …
Mon enfant, mon trésor est a tes pieds, n’oublies jamais !
Enfin tout s’éclairait, les émotions atteignirent le summum, elle tenait le collier dans sa main et c’est le visage souriant de mémé Joséphine qui l’aveuglait , que de souvenirs, que de moments intenses partagés avec elle , depuis son enfance , des éclats de rires a la découverte du monde, elles avaient tout partagé dans des moments d’osmose encore plus fort , que ceux échangés entre une mère et sa fille.
Elle laissa doucement couler ses larmes, non ce n’était pas de la souffrance, ses larmes nettoyaient et enjolivaient ses yeux pour les ouvrir et les tourner vers l’avenir. Une autre vie allait commencer pour elle, jamais elle ne pourrait remercier sa douce mémé Joséphine qui avait eu une vie si compliquée et pleine de secrets, de l’avoir recueillie dans sa vieille bâtisse pendant toute sa jeunesse.
Enfin la page se tournait …

Carole Rouzet

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